Pouvoir hiérarchique : jusqu’où peut aller l’administration ?
Tribunal Administratif de Montpellier N° 2403181
Un cadre supérieur (directeur) conteste sa révocation en soutenant notamment :
- que les faits ne sont pas établis
- que la sanction est disproportionnée
- qu’il est lui-même victime d’un contexte dégradé
Le tribunal confirme la sanction, en s’appuyant sur un point central :
les faits sont nombreux, précis, concordants et graves
Ils révèlent :
- des propos humiliants, sexistes et dégradants
- des intrusions dans la vie personnelle des agents
- un management par la peur
- des conséquences concrètes : arrêts maladie, mutations, souffrance au travail
ces comportements “excèdent l’exercice normal du pouvoir hiérarchique”
Autrement dit :
- diriger ≠ humilier
- encadrer ≠ intimider
- évaluer ≠ rabaisser
Malgré : une longue ancienneté, l’absence de sanction antérieure
Le juge valide la révocation car : les faits sont répétés, ils ont un impact grave sur les agents et le service, ils sont aggravés par la position d’encadrement
Cette décision montre une chose essentielle : le pouvoir hiérarchique s’arrête là où commence l’atteinte à la dignité des agents et dans ce type de situation, le juge peut aller jusqu’à valider la sanction la plus sévère : la révocation.
“Manager n’autorise pas tout : dès que les pratiques portent atteinte aux agents, le pouvoir hiérarchique devient une faute.”
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